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Chimiothérapie lymphome

Mis à jour le 23/07/2025

Temps de lecture estimé à 6 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Chimiotherapie
© Thinkstock
Traitement d'un lymphome

Sommaire.

  1. Protocoles de chimiothérapie pour le lymphome
  2. Lymphome : chimiothérapie en fonction du stade
  3. Mode d’administration de la chimiothérapie
  4. Effets indésirables de la chimiothérapie en cas de lymphome

La chimio, le traitement de choix des lymphomes

La chimiothérapie est le traitement de choix de la plupart des lymphomes. Ce mode de prise en charge est presque systématiquement proposé. Elle peut être associée ou non à la radiothérapie ou à l’immunothérapie (en fonction du type de LNH -lymphome non hodgkinien- à traiter et de son stade) afin de détruire les cellules cancéreuses.

On peut aussi l’utiliser seule afin de prévenir une propagation du lymphome lorsqu’il risque de toucher le cerveau et la moelle épinière. Elle est aussi employée en cas de récidive et en tant que chimiothérapie palliative pour soulager certaines douleurs liées aux lymphomes de stade avancé.

Protocoles de chimiothérapie pour le lymphome

Un protocole de chimiothérapie est un programme de traitement qui associe des médicaments anticancéreux prescrits à certaines doses et selon un calendrier précis. Il existe différents protocoles et on choisit le plus adapté en fonction du type lymphome à traiter.

Lymphome et chimiothérapie : protocoles ABVD et CAOP

Le protocole est désigné par un acronyme formé à partir des initiales des noms commerciaux des médicaments ou du nom des molécules actives qui le composent. Les plus employés sont les protocoles :

  • ABVD pour Adriamycine, Bléomycine, Vinblastine, Déticène (ou ABVP, Prednisone remplaçant Déticène). Ce traitement de polychimiothérapie (associant plusieurs médicaments) sert surtout à lutter contre les lymphomes peu agressifs.
  • CAOP pour Cyclophosphamide, Adriamycine, Oncovine, Prednisone (ce dernier étant un corticostéroïde).

Leur intérêt est de combiner des médicaments ayant différents modes d’action pour éliminer les cellules cancéreuses avec des méthodes diverses. L’efficacité du traitement est ainsi meilleure et cela permet de prévenir la résistance aux médicaments. On utilise parfois un seul de ces médicaments (monothérapie) pour traiter des lymphomes indolents.

Par ailleurs, de nouveaux médicaments anticancéreux sont en train de voir le jour : les BH3 mimétiques. Ils visent à bloquer le mécanisme anti-apoptose des protéines BCL-2 de façon à ce que le mécanisme de mort cellulaire programmée des cellules tumorales fonctionne à nouveau normalement. Les BH3 mimétiques contrent le phénomène anti-apoptotique de près de 25 % des tumeurs malignes et ils se révèlent notamment efficaces contre les cancers du sang, les lymphomes, les myélomes et certaines tumeurs solides (mélanomes, cancers du sein, cancers bronchiques).

Lymphome et chimiothérapie : autres protocoles

Il existe d’autres protocoles moins utilisés :

  • les protocoles EBVP (le E désigne l’épirubicine qui remplace l’adriamycine) ;
  • l’hyper-CVAD (avec cyclophosphamide, vincristine, adriamycine, dexaméthasone combinés au méthotrexate et à la cyarabine) utilisé pour certains lymphomes non hodgkiniens agressifs, comme le lymphome de Burkitt et les lymphomes lymphoblastiques.

Certains protocoles sont réservés au traitement des récidives de LNH :

  • le BCVP (avec bicinu, cyclophosphamide, vincristine et prednisone) ;
  • le R-CVP (avec cyclophosphamide, vincristine, prednisone et rituximab) ;
  • l’EPOCH (avec étoposine, prednisone, vincristine, cyclophosphamide, doxorubicine) ;
  • le DHAP (dexaméthasone, cytarabine cisplatine) ;
  • le R-DHAP (DHAP et rituximab), etc.
Bon à savoir

Remarque : le rituximab est un anticorps monoclonal très utilisé pour traiter les lymphomes B et on le combine fréquemment à la bendamustine (protocole R-B). Cette combinaison est celle qui donne les meilleurs résultats en termes de survie sans progression à 5 ans (65,5 % contre 55,8 % avec R-CVP et EPOCH).

Lymphome : chimiothérapie en fonction du stade

Le protocole de chimiothérapie est à adapter au stade du lymphome :

  • Aux stades I et II (lymphome localisé), la chimiothérapie peut être employée seule. Au cas par cas, on peut y associer la radiothérapie.
  • Aux stades III et IV, le protocole ABVD peut parfois être remplacé par le protocole BEACOPP (Bléomycine, Etoposide, Adriamycine, Cyclophosphamide, Oncovin, Procarbazine, Prednisone). Il s’effectue en partie en ambulatoire, mais une hospitalisation est possible. Une radiothérapie de 30 grays sur les territoires initialement atteints complète le traitement, notamment en cas de grosses masses ganglionnaires et dans le cadre des lymphomes hodgkiniens., ce qui permet d’obtenir un taux de survie an progression à 3 ans de 92,3 %
  • La chimiothérapie est aussi utilisée en cas de rechute (30 % des cas) mais sous forme intensive suivie d’une autogreffe de cellules souches.

Mode d’administration de la chimiothérapie

Si le traitement de chimiothérapie doit être administré sur une longue période, il peut être utile de procéder à la pose d’un cathéter central. C’est notamment recommandé si les veines du (ou des) bras sont difficilement accessibles ou si les injections précédentes ont entraîné une inflammation des vaisseaux.

Lymphome : chimiothérapie par cathéter central

Le cathéter central est un petit tube flexible inséré directement dans une grosse veine (veine cave supérieure ou veine jugulaire) pour éviter d’avoir à être piqué à chaque séance. Il peut être de deux sortes :

  • les cathéters à la peau sont de petits tuyaux qui ressortent par une incision (généralement pratiquée sous la clavicule) et sur lesquels on pose directement la perfusion de chimiothérapie ;
  • les chambres implantables (ou Port-A-Cath) qui sont reliées à une chambre (un réservoir) placée sous la peau au niveau de la clavicule ; la chimiothérapie est administrée en piquant dans le réservoir avec des aiguilles spéciales.

Lymphome : chimiothérapie par injections ou prise orale

Il existe par ailleurs d’autres modes d’administration :

  • certains médicaments peuvent se prendre sous forme de pilules ou de comprimés à avaler ;
  • d’autres peuvent être injectés par voie intramusculaire ou sous-cutanée ;
  • les injections intrathécales peuvent aussi s’effectuer directement dans le liquide céphalo-rachidien (qui entoure le cerveau et la moelle épinière) par ponction lombaire ; on y injecte notamment du méthotrexate et de la cytarabine.

L’administration de ces substances se fait lors de séances qui durent entre une et trois heures. Elles sont espacées de trois semaines à un mois de façon à permettre à l’organisme de récupérer. Le nombre de cures de chimiothérapie varie :

  • de 2 à 4 séances pour les lymphomes localisés ;
  • à de 6 à 8 séances pour les lymphomes disséminés.
Tant qu'on en parle
Chimiothérapie

Effets indésirables de la chimiothérapie en cas de lymphome

La chimiothérapie entraîne de nombreux effets indésirables. Les plus fréquents sont :

  • une myélosuppression (diminution de la production de cellules sanguines en raison d’une atteinte de la moelle osseuse) avec :
    • une anémie (chute du taux de globules rouges et d’hémoglobine) dans 15 % des cas, responsable de fatigue,
    • une neutropénie (diminution du taux de globules blancs neutrophiles) dans 86 % des cas, favorisant les risques d’infection,
    • une thrombocytopénie (baisse du taux de plaquettes dans le sang) responsable de saignements et d’hématomes en raison de difficultés à coaguler ;
  • une alopécie (la chute des cheveux et même des poils, des cils et des sourcils) qui survient habituellement deux à trois semaines après le premier cycle de chimiothérapie mais qui est temporaire ;
  • des nausées et des vomissements (le jour de l’administration de la chimiothérapie) ;
  • des diarrhées ;
  • des pneumonies hypoxémiques ou des dyspnées sévères ;
  • des aphtes ;
  • une grande fatigue (qui diminue progressivement au cours des semaines ou des mois qui suivent la fin du traitement) ;
  • une agueusie (modification du goût) et une modification de l’odorat qui entraînent une malnutrition et donc une perte de poids (on estime néanmoins que la perte de poids est présente chez 34 % des patients avant même d’avoir débuté le traitement).

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